Qui êtes-vous, Père Erwan Delahaye ?
    Le Père Erwan DELAHAYE au Pardon de Notre Dame du Bon Voyage, PLOGOFF, 16 juillet 2019 - LE TELEGRAMME
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Le Père Erwan DELAHAYE

Revue de l’Institution de Saint-Malo - la Providence. Mai 2016

Le Père Erwan DELAHAYE
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Propos échangés avec le père Erwan Delahaye

Il avait rêvé être ingénieur du son. L’appel de la vocation a fait de lui un prêtre, L 'homme d'église lance un appel d'espoir aux jeunes qui lui ont succédé ä l’ISM (institution de Saint-Malo) : dans le fatras d’'incertitudes, la foi permet de poser un regard bienveillant et joyeux sur le monde. Pantalon et gilet noirs, barbe sagement taillée, Erwan ne déparerait pas dans un studio d'enregistrement. Mais la croix discrète qu'il porte sur le cœur dit son engagement au service de Dieu et des hommes. Originaire de Saint-Briac, père Erwan, 39 ans, a vécu toute sa jeunesse sur la Côte d'Émeraude. Primaire à Saint-Briac, collège à Dinard, lycée à l’institution de Saint-Malo la Providence. Presque une affaire de famille : « du côté de ma grand-mère maternelle, plusieurs membres de ma famille sont passés par L’institution », explique-t-il.

Des activités variées

Des trois années qu'il a passées à l’institution de Saint-Malo, Erwan retient, au-delà de la qualité de l'enseignement, la richesse des activités qui occupaient les journées de cet interne en filière scientifique. « Nous avons monté le spectacle de fin d'année à la salle Bouvet, à Saint-Servan. Relancé l'orchestre et la chorale avec des copains. Participé à la réalisation d'un film sur l’Occupation et la libération de Saint-Malo. » Il se souvient encore des cours de musique d'Annick Ollivrin, de son professeur de mathématique, M. Rappet - « une figure marquante », ou encore du CPE, Jeremy Taylor, et du surveillant des internes, Théo Piel.
Bac en poche, il intègre les classes préparatoires au lycée Chateaubriand de Rennes, avec l’objectif d'intégrer la classe d'acoustique musicale du Conservatoire national de Paris. Mais l’appel de la vocation va modifier sa trajectoire.

Le choix du séminaire

« Cela a peut-être commencé à Saint-Malo, explique-t-il. Je sortais me promener à l'heure du déjeuner et je passais souvent à la cathédrale. Au titre de la chorale, nous chantions aussi la messe ». Ce n'est toutefois qu'en 2000 qu'il intègre le séminaire de Rennes, au plus fort de la vague de vocations suscitée par les appels de Jean-Paul II à la jeunesse. « J'ai prévenu mon entourage deux semaines seulement avant d'entrer au séminaire. Mais personne n'a été surpris ». Ils sont quatre à entrer avec lui en formation.
En 2007, il est ordonné prêtre. Nommé à Fougères, il s'éclipse pour la Belgique afin de passer un Master de théologie. Il est vicaire de la paroisse de Saint-Grégoire-Betton, près de Rennes, depuis 2012. Le quadra adresse un conseil aux jeunes générations qui désespèrent parfois sur les bancs du lycée. « Soyez curieux et ouverts. Avec intelligence. Profitez de ces années pour poser des questions. Sachez lever le nez des manuels scolaires pour questionner vos professeurs. Ayez l'audace d'aller discuter avec eux en dehors des cours. Ils ont mille choses à vous transmettre. Après, il est souvent trop tard ».

Une certitude existentielle

Et Dieu, dans tout cela ? Que peut offrir la foi à des jeunes quotidiennement confrontés à la tentation matérialiste et individualiste ? « La foi en soi n'est pas une certitude comme on peut en avoir en maths ou en physique », prévient l'homme d'église. « Mais elle apporte l'accompagnement, une assurance existentielle de ne pas être seul. Parce que nous sommes accompagnés par quelqu'un qui nous aime. La question centrale aujourd'hui est celle de la solitude et la peur de cette solitude peut conduire à l'attirance de mouvements sectaires ou radicaux. Si j'ai la foi, je suis certain que Dieu m'aime et qu'il est à mes côtés. » La foi véhicule aussi un message d'espoir. « Il est très facile et très tendance d'assombrir le tableau. La foi permet de lever le nez du guidon, de prendre du recul. Elle permet de porter sur le monde un regard bienveillant et joyeux. Parce que le monde est aussi bienveillant et joyeux ».

Propos recueillis par Christian CURTENELLE